27 janvier : Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité

Chaque année, le 27 janvier, on se souvient de la découverte du camp d’Auschwitz, un lieu où plus d’un million de Juifs ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette journée de commémoration rappelle combien il est important de comprendre l’antisémitisme pour lutter contre cette haine.
Le mot antisémitisme est relativement récent : il n’apparaît qu’à la fin du XIXᵉ siècle, à une époque où l’on cherche à donner une apparence « scientifique » aux préjugés et aux discriminations contre les Juifs. Pourtant, la réalité qu’il décrit est bien plus ancienne.
Depuis l’Antiquité, des idées fausses, des peurs, des rumeurs et des stéréotypes ont visé les Juifs dans de nombreuses sociétés. Autrement dit, même si le terme est moderne, la haine qu’il nomme traverse des siècles d’histoire. Comprendre cette différence entre le mot et la réalité permet de mieux saisir comment ces préjugés ont pu se transformer, se renforcer ou se répéter au fil du temps.
L’antisémitisme est une forme de racisme dirigée contre les Juifs, simplement parce qu’ils sont juifs. Ce n’est pas une opinion ni une position politique. Il peut se manifester par des insultes, des moqueries, des stéréotypes, des théories complotistes ou encore des actes de violence.
On reconnaît l’antisémitisme à certains signes : par exemple, lorsque quelqu’un répète des clichés du type « les Juifs seraient… », diffuse des rumeurs, ou utilise des symboles ou des propos blessants. Même si cela se présente parfois sous forme de « blagues », cela reste une forme de discrimination. Comme toutes les formes de haine, il commence souvent par des mots, mais peut avoir des conséquences graves sur la vie des individus et sur le vivre‑ensemble.
Lorsqu’on est témoin d’un propos ou d’un comportement antisémite, il est important de ne pas laisser faire. La meilleure réaction est d’en parler à un adulte de confiance — un professeur, un CPE, un parent — et de soutenir la personne visée. Il est également essentiel de vérifier les informations que l’on reçoit ou que l’on partage : beaucoup de fausses nouvelles ou de rumeurs alimentent l’antisémitisme.
Même si l’antisémitisme est très ancien, il ne disparaît pas : il change de visage. Aujourd’hui, certaines formes de haine envers les Juifs se cachent parfois derrière des discours présentés comme uniquement « politiques ». Par exemple, des critiques du sionisme ou de l’État d’Israël peuvent être légitimes lorsqu’elles portent sur des choix politiques, comme pour n’importe quel autre pays. Mais il arrive aussi que l’antisionisme serve de prétexte pour reprendre de vieux stéréotypes antisémites, pour viser les Juifs en général, ou pour leur attribuer collectivement des responsabilités qu’ils n’ont pas.
Lutter contre l’antisémitisme, c’est donc refuser les stéréotypes, rester vigilant face aux fausses informations, le repérer dans les formes nouvelles qu’il peut prendre, défendre, enfin, le respect de chacun. C’est une manière concrète de protéger les autres et de contribuer à une société plus juste et plus solidaire.
C’est aussi la vocation de la commémoration de « la journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité » qui a lieu chaque 27 janvier.
Gérald Attali
Président de la commission « Éducation mémoire et transmission » du CRIF Marseille-Provence



