27 janvier : Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité

Aujourd’hui, on entend de plus en plus souvent le mot « génocide » dans les actualités ou sur les réseaux sociaux. Des groupes, des États ou des mouvements utilisent ce mot pour parler des violences qu’ils subissent ou qu’ils dénoncent.
Forgé par Raphaël Lemkin pour nommer la destruction des Juifs d’Europe, le mot génocide avait pour vocation de doter le droit international d’un outil précis, rigoureux, destiné à prévenir et punir les crimes les plus graves. Il a donc une définition très précise en droit international ; ce n’est pas juste un mot pour dire qu’un peuple souffre ou qu’il y a une guerre.
On ne peut parler de génocide qu’à trois conditions : si les violences visent un groupe particulier, choisi à cause de ce qu’il est, et non à cause de ce qu’il pense ou fait ; s’il s’agit d’actes très graves qui visent à faire disparaître un groupe ; enfin, et surtout, si une intention de détruire ce groupe, entièrement ou en partie, est apportée. C’est cette intention qui rend le génocide différent des autres crimes. C’est aussi ce qui fait que ce mot doit être utilisé avec beaucoup de sérieux.
Pourtant, dans les conflits d’aujourd’hui, certains acteurs utilisent ce mot pour convaincre l’opinion publique, pour attirer l’attention du monde, ou pour accuser un adversaire. Par exemple, dans le conflit entre Israël et le Hamas, ce mot a été utilisé comme une arme politique, pour essayer de faire réagir la communauté internationale.
Cela ne veut pas dire que le mot a perdu son sens. Cela signifie qu’il a maintenant deux usages différents, un usage juridique, très précis, utilisé par les tribunaux internationaux et un usage politique, plus large, utilisé pour dénoncer ou mobiliser. Le problème, c’est que, si l’on utilise le mot « génocide » pour tout, on risque de le vider de sa force. Et alors, quand un vrai génocide se produit, il devient plus difficile de le reconnaître et d’agir.
C’est pourquoi il est important d’être attentif aux mots que l’on emploie. Le génocide n’est pas un simple slogan : c’est un crime extrêmement grave, qui doit garder un sens clair pour que la justice puisse faire son travail. Préserver le sens de ce mot, ce n’est pas minimiser la souffrance des peuples. C’est au contraire garantir que, lorsque le génocide est avéré, le monde puisse le reconnaître, le nommer, et agir.
Se préoccuper de l’usage approprié du mot génocide, c’est aussi la vocation de la commémoration de « la journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité » qui a lieu chaque 27 janvier.
Les membres de la commission chargée d’organiser la commémoration du 27 janvier



